Neckar Open, l’heure du bilan

2 avril 2013 0 Par Remi Boes

A la faveur d’un long week end pascal, Julien Geoffroy et moi avons pu participer au Neckar Open dans la  bucolique bourgade de Deizisau.

Dans un open réservé aux joueurs ayant plus de 1800 Elo et du haut de mon classement de 1803, la situation était plutôt claire dès le début : je m’attendais à souffrir, j’ai été servi!

Pour la première ronde, je joue avec les blancs un jeune 2100 qui profite d’une imprécision de ma part dans une attaque baïonnette pour prendre un léger avantage, puis déroule en milieu de jeu pour s’imposer assez facilement. Rétrospectivement, il s’agit de ma plus mauvaise partie du tournoi. Geoffroy et Julien ont aussi perdu : il est presque minuit et grand temps de retourner à l’hôtel. Après analyse de la partie du jour et une rapide préparation pour le lendemain, il nous reste 6 heures de sommeil et elles sont bienvenues.

A la ronde 2, je joue un 2050 avec les noirs. Mon adversaire joue quelques coups douteux, et je gagne une tour sèche au quinzième coup! Malheureusement, je choisis de rendre un fou pour éviter une menace fantôme d’enfermement de ma dame, et je liquide un pion central trop rapidement ce qui donne du contre-jeu aux blancs. Pour finir, je rate un gain pourtant facile, et me contente de la nulle. Que de regrets sur cette partie!

Le temps de manger et la ronde du soir peut commencer : je joue une Maroczy contre un 2100. La position est égale jusqu’à l’approche du premier zeitnot où mon adversaire commet quelques imprécisions, mais je n’arrive pas à obtenir mieux qu’une finale roi + 5 pions contre roi + 4 pions, qui se transforme en roi + dame + 2 pions contre roi + dame + 2 pions ou j’ai l’initiative, et se solde finalement par une nulle.

Retour à l’hôtel, analyse, préparation, courte nuit, et la ronde 4 peut commencer. J’ai les noirs contre un 2050 qui me joue… une Maroczy! Je joue f5 trop rapidement et doit perdre une pièce, mais mon adversaire cafouille et je récupère miraculeusement ma pièce. Les blancs ont l’initiative et en profitent pour prendre un pion. Je dois défendre une désagréable finale de fous de même couleur avec un pion de moins, et je finis par craquer 20 coups plus tard.

Tout s’enchaîne très vite, nous avons à peine le temps de manger et la ronde suivante débute.

Je rencontre avec les blancs un jeune 2000 qui n’est autre que le frère de mon bourreau de la première ronde. Je prends un léger avantage dans une ouest indienne, puis la position s’égalise en milieu de jeu. Puis nous passons dans une finale de tour nulle ou je choisis un mauvais plan et finis par perdre.

Nous retournons à l’hôtel et la journée est difficile à encaisser, heureusement Julien et Geoffroy sont là pour me remonter le moral. En bonus, nous perdons une heure de sommeil avec le changement d’heure.

La ronde 6 s’annonce difficile, la fatigue commence à se faire vraiment ressentir. Mon 2000 du matin me joue une attaque grand prix. Je joue trop passivement, mais mon adversaire n’en profite pas pleinement, et nous arrivons dans une finale où j’ai paire de fou + 5 pions contre paire de cavaliers + 6 pions. La fatigue aidant, j’hallucine et échange les dernières pièces croyant que les blancs se retrouvent en zugzwang en fin de variante et perdent la finale de pions. En fait, c’est moi qui suis en zugzwang. Cruelle désillusion et troisième défaite de rang…

Repas rapide, remobilisation pour la ronde du soir, consultation des appariements : je joue un 1900, c’est l’occasion à ne pas manquer pour scorer. Face à une défense hollandaise,  j’obtient un important avantage d’espace mais passe (encore !) trop vite en finale où je profite d’une imprécision puis d’une grosse gaffe de mon adversaire pour gagner.

Comme Julien et Geoffroy ont gagné aussi leur partie du soir, on oublie la fatigue et le retour à l’hôtel se fait dans une bonne humeur quasi euphorique.

Pour la ronde 8, je rencontre avec les noirs un vague 1950 au répertoire particulièrement hétéroclite. Nous jouerons finalement une Maroczy. Dans une finale aussi indécise qu’imprécise des deux cotés, je suis l’auteur malheureux de la dernière et fatale erreur.

La dernière ronde ayant été avancée de 30 minutes par rapport aux autres jours, nous avons à peine le temps d’avaler un mini sandwich avant de reprendre.

Pour finir, je joue un 2000 avec les blancs, que Geoffroy a battu quelques rondes plus tôt grâce a son attaque fétiche. Nous jouons une catalane pendant une heure réglementaire, puis dans une position légèrement favorable je propose nulle, que mon adversaire tout aussi fatigué que moi s’empresse d’accepter.

En conclusion, un tournoi très difficile, moyen en termes de résultats mais pas catastrophique. Même si je ne peux pas en être entièrement satisfait,ce tournoi a été pour moi extrêmement instructif et c’est probablement le plus important.